L’ère de l’ivoire

Pendant des siècles, les billes de billard étaient fabriquées en ivoire d’éléphant. Chaque défense ne donnait que 3 à 4 billes de qualité, celles taillées dans la partie la plus dense et la plus homogène. Le coût était élevé et la qualité variable d’une bille à l’autre.

Les problèmes de l’ivoire

L’ivoire est un matériau vivant : il réagit à la température et à l’humidité. Les billes se déformaient avec le temps, jaunissaient, et pouvaient se fissurer. Deux billes issues de la même défense ne réagissaient pas forcément de la même façon. Et le coût écologique était considérable.

La transition vers le synthétique

Dans les années 1960, Jean Marty (champion du monde français) a poussé la société belge SALUC à développer des billes en résine phénolique. L’objectif : obtenir des billes parfaitement sphériques, de densité homogène, et insensibles aux conditions climatiques. Le résultat a dépassé les attentes.

La résine phénolique

Les billes modernes sont en résine phénolique (marque Aramith par SALUC). Elles pèsent 205-210 grammes, mesurent 61,5 mm de diamètre, et leur sphéricité est contrôlée au centième de millimètre. Elles durent des décennies avec un entretien minimal.

L’impact sur le jeu

Le passage au synthétique a transformé le carambole. Les billes roulent de manière parfaitement prévisible, les effets sont plus réguliers, et les systèmes de calcul fonctionnent mieux. Les séries ont augmenté et les records ont été battus.

Aujourd’hui

L’ivoire est interdit au commerce international depuis 1989 (Convention de Washington). Les billes d’ivoire anciennes sont des pièces de collection. Toutes les compétitions se jouent en résine phénolique, et aucun joueur ne souhaite revenir en arrière.