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Le break au snooker : compter les points, du half-century au 147

L’équipe Billard PassionMis à jour le 17 août 20266 min de lecture

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Le break est l’unité de mesure du snooker. On ne dit pas d’un joueur qu’il a bien joué, on dit qu’il a posé un 74 ou manqué un century à la dernière rouge. Derrière ce vocabulaire se cache une mécanique de comptage précise, faite d’alternance entre rouges et couleurs, de paliers symboliques et d’un sommet mythique à 147 points. Une fois cette mécanique comprise, regarder un match change de dimension : on ne suit plus des billes, on suit un score en construction.

Le break : une série en une seule visite

Un break désigne le total de points marqués par un joueur au cours d’une même visite à la table, c’est-à-dire sans rendre la main. Tant qu’il empoche la bonne bille à chaque coup, il continue et son break grossit. Au premier échec, empochage manqué ou faute, la visite s’arrête et le break est figé : il ne se reporte pas sur la visite suivante.

Le principe rappelle la série au billard carambole, où l’on enchaîne les points tant qu’on ne manque pas, à ceci près que le carambole compte des contacts et le snooker des empochages à valeurs variables. Les amateurs de billard français retrouveront cette parenté dans notre article sur compter les points au carambole. Pour le cadre général du jeu, fautes et déroulement d’une manche, direction les règles du snooker.

La valeur des billes, de la rouge à la noire

Tout le comptage repose sur sept valeurs à connaître par cœur :

Bille Valeur
Rouge 1 point
Jaune 2 points
Verte 3 points
Marron 4 points
Bleue 5 points
Rose 6 points
Noire 7 points

Quinze rouges et six couleurs se partagent la table au départ. La hiérarchie des valeurs structure toute la stratégie : une rouge ne vaut qu’un point, mais chaque rouge empochée ouvre le droit de jouer une couleur, et c’est là que le score se fabrique.

Rouge, couleur, rouge : la mécanique du comptage

Tant qu’il reste des rouges sur la table, la règle impose l’alternance : une rouge d’abord, puis une couleur au choix, puis une rouge, et ainsi de suite. Les rouges empochées restent dans la poche ; les couleurs, elles, sont remises sur leur mouche tant que des rouges subsistent. La noire peut donc être jouée quinze fois dans une même manche.

Un exemple pour fixer le calcul. Un joueur enchaîne rouge, noire, rouge, bleue, rouge, noire, puis manque la rouge suivante : son break vaut 1 + 7 + 1 + 5 + 1 + 7, soit 22 points. Quand la dernière rouge et sa couleur sont jouées, la fin de manche se déroule sur les six couleurs, empochées cette fois dans l’ordre croissant des valeurs, de la jaune à la noire, sans remouchage. Cette table finale vaut 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7, soit 27 points.

Le choix de la couleur pendant l’alternance est un arbitrage permanent entre points et position. Prendre la noire rapporte 7 points, encore faut-il que la blanche revienne sur une rouge jouable. Beaucoup de breaks se prolongent grâce à une bleue ou une rose moins payante sur le papier, mieux placée sur le drap.

Les fautes, elles, nourrissent le score sans nourrir le break. Une faute offre à l’adversaire une pénalité de 4 à 7 points selon la bille concernée, ajoutée à son total de manche mais jamais comptée dans une série : un break reste une suite d’empochages, rien d’autre.

Half-century, century : les paliers qui comptent

Deux seuils servent de repères dans les statistiques comme dans les conversations de club. Le half-century, 50 points et plus en une visite, signale une série déjà solide : il faut aligner une douzaine d’empochages sans faiblir. Le century, 100 points et plus, marque le territoire des grands joueurs. Les compteurs de centuries en carrière font partie des classements les plus suivis du circuit, et Ronnie O’Sullivan a franchi la barre du millier de centuries en 2019, un cumul sans équivalent dans l’histoire du jeu.

Ces paliers ont aussi une portée tactique. Une manche met en jeu 147 points au départ : un joueur qui ouvre par un break de 74 laisse à son adversaire moins de points à ramasser sur le tapis qu’il n’en a déjà engrangés. Il faudra alors des snookers, ces positions piégées qui arrachent des points de pénalité, pour espérer recoller. D’où la phrase rituelle des commentateurs, « il lui faut deux snookers » : les billes restantes ne suffisent plus à elles seules.

Un century raconte autre chose qu’un score : pour dépasser 100, il faut le plus souvent une trentaine de coups d’affilée, un contrôle de blanche constant et une table qui s’ouvre au bon moment. C’est la même logique de régularité que l’on retrouve chez les grands du carambole, dont les séries records sont évoquées dans notre page des grands champions de billard.

Le 147 : anatomie du break maximum

Le break maximum se construit sur un scénario unique : quinze fois la paire rouge-noire, puis la table finale complète. Le calcul tient en deux lignes. Quinze rouges suivies de quinze noires donnent 15 × 8 = 120 points ; les six couleurs de la fin ajoutent 27. Total : 147. La moindre entorse au scénario, une seule bleue prise à la place d’une noire, et le maximum s’envole même si la manche se termine sur un nettoyage parfait.

Le premier 147 officiel en professionnel a été réussi par Steve Davis en 1982. Depuis, le circuit en a homologué plus de 240, un chiffre qui grimpe chaque saison à mesure que le niveau général monte. Le plus célèbre reste celui de Ronnie O’Sullivan au championnat du monde 1997, face à Mick Price : un maximum bouclé en 5 minutes et 8 secondes, record de vitesse toujours debout, longtemps chronométré à 5 minutes 20 avant que le temps officiel soit corrigé. O’Sullivan détient aussi le record du nombre de 147 en carrière.

Le 147 a beau être répertorié par dizaines, il garde son statut d’exploit : il exige une table favorable dès le départ, quinze retours de blanche sur la noire et zéro coup de moins bien pendant une demi-heure ou moins.

Au-delà de 147 : le 155 théorique et le 153 de 2026

Un plafond plus haut existe pourtant sur le papier. Grâce à la règle de la free ball, un joueur snooké après une faute adverse peut désigner une bille de son choix et la jouer comme une rouge. Si cette situation survient avec les quinze rouges encore en jeu, la free ball et la couleur qui la suit ajoutent jusqu’à 8 points au scénario du maximum : 147 + 8 = 155, le break théorique ultime. Le fonctionnement détaillé de cette règle est expliqué dans notre article sur la free ball au snooker.

Personne n’a encore signé de 155 en compétition professionnelle. Jamie Burnett s’était approché du territoire au-delà du maximum avec un 148 en qualifications du championnat du Royaume-Uni en 2004. Le record a tenu plus de vingt ans, jusqu’en mars 2026 : au World Open, face à Ryan Day, Ronnie O’Sullivan a profité d’une free ball en début de manche pour compiler un break de 153, le plus haut jamais homologué. Il reste deux points à aller chercher. Quelque part, un futur candidat s’entraîne déjà sur ce scénario.

L’équipe Billard Passion

Article écrit et relu par des joueurs, carambole en tête. Les règles citées s’appuient sur les textes des fédérations. Dernière mise à jour le 17 août 2026.

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